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Vally Saunier : le cri du corps

Originaire de Saint-Aubin, Vally Saunier effectue un tonitruant retour aux sources en exposant jusqu’au 4 décembre une quinzaine de ses toiles à l’hôtel de ville. Portrait d’une artiste à l’âme torturée qui à trouvé son épanouissement dans la peinture...

« Si je ne dessine pas pendant deux jours, ça ne va pas. La peinture est nécessaire à mon équilibre, c’est toute ma vie. Tout tourne autour de cela, mes activités, mes amis, etc... je ne débranche jamais »

Yeux bleus, jolie frimousse surmontée d’une chevelure rousse, charmant sourire, Vally Saunier, 26 ans, infographiste au CNRS, voue un rapport quasi-passionnel avec l’art. Même si elle a déjà exposé à Paris, Amiens ou Rouen, présenter ses toiles à Saint Aubin lui procure une intense émotion. « Ce sont d’un seul coup des tas de souvenirs qui remontent à la surface ».

C’est en effet ici que tout à commencé, à l’âge de 4 ans. « Je me suis mise à la peinture très tôt et j’ai toujours été encouragée dans cette voie par mes parents, des gens d’une ouverture d’esprit incroyable, et mes grands-parents maternels ». Vally va alors fréquenter le lyçée André Maurois puis poursuivre ses études à Amiens et, enfin, à l’université de Paris VIII où elle décrochera son doctorat en arts plastiques.

Après le dessin et à la peinture, elle exerce également aujourd’hui ses talents dans la photo et la vidéo mais le thème traité est toujours le même. « C’est lié à une histoire personnelle. Mon père est devenu handicapé alors que j’avais 12 ans et je me suis mise à dessiner des corps pour exprimer ce que j’avais au fond de moi. Depuis, je n’ai jamais arrêté même si ma technique a évolué. Au début mon travail était assez torturé, maintenant cela tend vers quelque chose de plus harmonieux ». Vally va trouvé une sorte de paix intérieure et après avoir traité l’aspect organique du corps, elle traite maintenant le sujet sous un aspect plus universel. Ses nombreux voyages (son autre passion), notamment en Afrique ou en Inde, sont également pour elle sources d’inspiration. D’où son évolution, non seulement au niveau du sujet mais de la technique employée « je m’intéresse à d’autres cultures que celle occidentale ».

Entre souffrance physique et réconfort spirituel, sa peinture est une confession, une sorte de cri du corps. « Créer, ce sont des bouts de soi, ce qu’on a au fond des tripes mais c’est aussi plus difficile à montrer parce que ça remue sur le plan affectif » conclut-elle.