*17* A deux pas de chez nous, il nous arrive de découvrir des personnages qui se trouvent à cent lieues de la vie ordinaire. C’est le cas de Vally Saunier, peintre et plasticienne qui pratique un art hérité d’une rencontre de cultures. Mais c’est surtout l’Afrique, (désert saharien et Mali)qui a profondément marqué sa façon de voir et de penser le monde. Nourri de spiritualité, le travail de Vally Saunier est très riche en couleurs et se situe dans le domaine du symbolique. Sans provoquer de bruits autour de sa personne, elle a tout de même exposé cinq fois à Montréal et montré son oeuvre à San Francisco. On peut aussi la découvrir 46 boulevard Voltaire à Paris, dans le 11ème arrondissement. Au-delà de l’image "folklorique" que l’on serait tenté de se faire de sa démarche, précisons que Vally est également photographe et s’intéresse à la nature d’une manière toute particulière. elle a ainsi réalisé des images inédites de la côte normande où l’infime côtoie l’infini.Algues et galets conspirent à d’incroyables "paysages". Sans discours ni tapages, Vally Saunier nous accueille dans son atelier pour une exposition éclair. Deux week-ends, c’est court. Mais cela quelquefois suffit pour faire une vraie rencontre. Tout autant que son art, la personnalité de cette jeune femme est spontanément attachante. Elle rayonne. Ayant consacré une bonne part de son temps aux voyages (déserts tunisiens et marocains, Mali) elle s’est imprégnée des cultures qu’elle croisait en chemin, notamment l’héritage mandingue. Travaillant au début sur le corps, elle s’est ouverte sur le monde et la dimension spirituelle. Certains diraient sans doute qu’elle pratique une manière d’art ethnique. Peu importe. On pourrait aussi bien parler d’anthropologie. Nous en avons assez des cases où l’on se plait à enfermer les gens pour éviter que leur énergie déborde. En fait, Vally Saunier peut aussi bien opérer sur des radiographies, supports des plus contemporains, et ne néglige en rien l’art photographique, allant du paysage plus ou moins "documentaire" à une vision minimaliste du monde dans laquelle le microcosme rejoint le macrocosme. En matière de peinture, elle a recours à différentes techniques (aquarelle, acrylique, pastel, dorure, paillettes). Pendant qu’elle commente ses travaux, un disque diffuse une musique apaisante : "La maison du Feng Shui". C’est toute une philosophie. Ses oeuvres mettent en scène des personnages qui sont autant de forces tutélaires (Ange hivernal, Cosmic moon, Soleil de mes nuits, Energies célestes, Plénitude de la déesse bleue et Cygne de renaissance, jeu de mot qui a probablement un lien avec une affection contractée au cours de ses périples et dont elle a eu bien de la peine à se remettre). Mais on sent chez Vally une force d’âme dont sa peinture, très pacifiante, est comme le reflet exalté.
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