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« Le
cabinet anatomique de Vally »
Vally Saunier est fascinée par le rapport de
l’interne à l’externe.
De ses doigts naissent des images qui jouent sur la perception du corps
humain. Bienvenue dans son « cabinet anatomique », ambigu à souhait,
fruit d’une recherche plastique continue sur les rapports de
soi à l’autre.
Ici, on découpe, on ligote, on démembre, on opère
puis on recoud à vif et en couleurs, pour mieux faire sentir
la structure osseuse, l’organique sous la peau….
Installée à paris, Vally Saunier enchaîne les expositions.
L’association « Kiss Me Or Die » nous fait le plaisir
de l’accueillir pour une soirée unique. Vally habite donc
les murs de la Locanderia, et ajoute à ses montages photographiques
de nouveaux dessins- dont quelques surprises en l’honneur de ses
hôtesses !
Cherchant à mieux définir le lien entre le corps perçu
et le corps ressenti, elle nous propose une forme de dissection sans
effraction de la peau. A la question « Pourquoi fouiller là plutôt
qu’ailleurs ? », l’artiste répond : « A
la suite d’un évènement personnel, j’ai pris
conscience du rôle de l’interne et de son influence sur les
aspects extérieurs du corps. C’est comme lorsque l’on
regarde une main, et que l’on voit les veines au travers de la
peau, les tendons et les muscles qui bougent, et qu’on découvre
par la seule observation toute la mécanique humaine ; Je me concentre
sur la forme humaine et touche par la transposition artistique aux profondeurs
du corps et de l’imagination. Ce que l’on identifie d’après
son apparence, l’enveloppe charnelle, s’exprime aussi comme
un laboratoire en perpétuelle transformation : l’interne
et l’externe en interaction incessante, le corps pris dans son évolution
permanente. »
La fragmentation des corps les libère de leur individualité.
L’érotisme est indéniable. La mort est comme tapie
dans l’ombre. Ce qui séduit surtout, c’est la richesse
des sensations contradictoires que le « cabinet anatomique » produit
sur son spectateur, presque insidueusement : chaque nouveau regard nous
amène à une nouvelle lecture.
Xavier Legat, septembre 2000.
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